mercredi 12 juillet 2017

Leaked video of jailed protest leader sparks anger in Morocco

By Samia Errazzouki



The Moroccan Public Prosecutor ordered an investigation to be opened after video footage released online showed Nasser Zefzafi, leader of the Hirak Rif who is currently in detention, while he was half-naked.

Hassan Matar, the king’s General Prosecutor at the Court of Appeal in Casablanca, announced yesterday: “Once Nasser Zefzafi’s video, which was filmed during his detention, had been identified, the Public Prosecution ordered a thorough investigation to determine the circumstances and the facts surrounding the filming of his video and the aim behind its publication.”

The statement was made amid the widespread criticism of politicians and human rights activists of the video leak.

In this context, Adel Ben Hamza, the spokesman of the opposition Istiqlal party said in a Facebook post that “the video itself is a torture and an insult to the leader of the movement and the viewers. It is a cheap incitement which proves that there is someone who is playing with fire, whether intentionally or not.”

He also declared that “the human rights activist belonging to the government’s National Council for Human Rights (NHRI) and national as well as international human rights organisations could have been allowed to visit Zefzafi in prison to ensure that he was not tortured, but without hurting his dignity by filming him and publically publishing the video.”

He pointed out that “the publication of this footage is a blatant violation of the right to privacy of image, especially since Zefzafi is still under investigation and no judicial decision has been issued against him, either preliminary or final.”

Abdul Samad al-Idrisi, head of the Association of Lawyers of the Justice and Development Party and leader of the coalition government, stated that “the National Judicial Police Division and the General Commission for the Management of Prisons are responsible for the violation of the freedom and privacy of Zefzafi and for the publication of the ominous video.”

Al-Idrisi described the video in a Facebook post as an “unprecedented scandal”.

The General Commission for the Management of Prisons denied that the footage was taken inside the prison.

“Zefzafi’s clothes in the video have never been worn inside the prison and the specifications of the place do not match any of the halls of the jail where Zefzafi was imprisoned.”

On Monday, a video was posted on social media networks showing Zefzafi half-naked, and activists affirmed that it was recorded in the prison.


samedi 1 juillet 2017

New York Times : L’arrestation des leaders du Hirak laisse présager un retour au "passé répressif" du Maroc

Washington.- L’arrestation des leaders du mouvement Hirak qui mène la contestation populaire au Rif laisse présager un retour au "passé répressif " du Maroc, a estimé mercredi le quotidien américain The NewYork Times.


"Plus de 100 leaders et membres du Hirak ont ??été arrêtés ces dernières semaines. Les observateurs libéraux s'inquiètent de la répression, craignant un retour au passé répressif du pays", souligne le quotidien dans un article intitulé "les rebelles des montagnes du Maroc s’élèvent à nouveau".


Ursula Lindsey, l’auteur de cette analyse, jette un regard sur l’histoire de la révolte du Rif et revient sur "le passé répressif du roi Hassan II qui a réprimé dans le sang toutes les contestations populaires" dans cette région.


"A la fin des années 50 (...) Le prince Hassan II, futur roi et père de Mohamed VI a mené une répression militaire sanglante. Il a gardé une rancune tenace contre cette région, qualifiant ses habitants de sauvages dans un discours télévisé", rappelle cette spécialiste du monde arabe.


Le Rif, région marginalisée du nord du Maroc, a subi les affres de la politique de Hassan II qui l’avait privé pendant quatre décennies de tout projet d’investissement dans les services et les infrastructures.


Si l’actuel roi Mohamed VI a tenté d'inverser cette politique en promettant d’énormes projets d’investissements pour la région, les bénéfices des projets réalisés jusqu’ici n’ont pas profité aux populations.


L’auteur constate que toutes les réformes promises après 2011 dans le sillage du "printemps arabe" se "sont révélées décevantes" au Maroc.


"La monarchie reste plus que jamais puissante et les conseillers du roi ont plus d’influence que les élus", note-t-elle.


"Les Marocains se plaignent de la corruption, du chômage et des échecs scolaires" et "s’élèvent contre le Makhzen, réseau du pouvoir et de parrainage entourant la monarchie", écrit le New York Times. D’ailleurs, le refus des manifestants du Rif de rencontrer les élus et les délégations ministérielles en insistant à négocier avec les émissaires du roi illustre, selon le New York Times, "le résultat malheureux mais pas surprenant du vide politique créé par le contrôle très strict du roi".


"Malgré la démocratisation prometteuse et la dévolution du pouvoir aux autorités régionales, la monarchie a continué à concentrer plus de pouvoir entre ses mains", relève le quotidien.


Et d’ajouter : "Le roi est la plus haute autorité religieuse du pays, son acteur politique prééminent et sa plus grande fortune. Tout le monde s’en remet à lui et sait que les seules décisions qui comptent sont vraiment les siennes".


Expliquant l’origine de ce vide politique, le quotidien précise que le Makhzen a empêché "l’émergence de forces politiques véritablement indépendantes". Après les élections législatives de 2016, le palais et ses alliés ont man£uvré pour diluer l’influence du parti Justice et développement (PJD) en l’obligeant à abandonner son premier ministre et à former un gouvernement avec d’autres parties choisies par le palais.


"En cooptant et en sapant les partis politiques, muselant les médias et harcelant la société civile, le régime marocain s'est laissé entourer de très peu d’intermédiaires crédibles au moment des troubles sociaux", ajoute le journal.


Les événements qui secouent le Rif auraient pu constituer l’occasion de discuter des inégalités dans le pays et de la responsabilisation des élus locaux, estime le New York Times. Au lieu de cela, les revendications des Rifains ont été diabolisées par des médias fidèles au Palais qui ont tenté, en vain, de présenter le "Hirak" comme un mouvement séparatiste, financé de l’étranger, souligne le journal.


Agences/Rédaction

La répression seule au Rif ne suffit pas, la crise est structurelle

La répression seule ne suffit pas, la crise du Rif est structurelle et il faut décréter une mobilisation générale et un branle-bas- le combat pour arrêter la marasme.


Il faut ,après avoir libérer les jeunes prisonniers du Rif, pas avant, désigner une commission de bons offices, avec à sa tête des médiateurs dignes de foi, et respectés des deux côtés comme le berbère et vieux héros de la résistance, Ssi Mohamed Ben Said Aït Idder par exemple, et cela sous le haut patronage de SM, pour essayer de trouver une issue à cette crise qui couve depuis longtemps, depuis le siècle dernier.


Le Rif est un volcan endormi et si on ne fait rien, son réveil, son éruption peut entraîner tout le Maroc dans le Nihilisme et l’anarchie: Il faut desserrer l’étau sécuritaire et commencer un dialogue serein, la paix, la sécurité et la stabilité de notre pays l’exige ( Paris vaut bien une messe )


Zine Bensrhir ,le 30/06/2017



Journal de Zine Bensrhir

Après 30 ans d’arabisation : le Maroc retourne au français

La polémique enfle chez le voisin marocain après l’annonce de son ministre de l’éducation, l’introduction de l’apprentissage de la langue française dés la première année du primaire, laissant place à une véritable indignation des islamistes.






En effet, le programme de réformes présenté par le ministre de l’éducation marocaine, Rachid Belmokhtar, en 2015, au cabinet royal de Mohammed VI, sera mis en application dès la prochaine rentrée scolaire. Un important programme visant à « franciser » l’enseignement des mathématiques, des sciences naturelles et des sciences physiques ainsi que l’enseignement du français dès la première année du primaire au lieu de la troisième actuellement.

L’actuel ministre de l’éducation nationale, Mohamed Hassad, a annoncé «vouloir optimiser l’apprentissage de la langue française et de l’introduire dès la première année de primaire, contre la troisième actuellement» suscitant de vives réactions de la part des islamistes dont celle du président du Mouvement de l’unicité et de la réforme (MUR, le bras idéologique du PJD) qui revendique la primauté de la langue arabe sur toutes les autres langues.

C’est Rahma Bourqia, directrice de l’Instance nationale d’évaluation (INE) auprès du Conseil supérieur de l’enseignement qui répond aux islamistes du MUR «Maîtriser le français ne signifie pas que l’on souhaite négliger la langue nationale. La Vision stratégique de la réforme 2015-2030 insiste également sur l’apprentissage de l’arabe, et même l’amazigh. Le rapport est très clair sur ce point : il faut aussi développer l’arabe» avant d’ajouter «L’enseignement des langues ne doit pas devenir un outil « d’injustice linguistique ». Aujourd’hui, les élèves inscrits dans le secteur privé apprennent le français beaucoup plus tôt que ceux scolarisés dans le public. Ce système génère des retards qu’il faut combler. Nous devons donc développer l’égalité des chances en matière linguistique» rapporte Tel Quel.


Source : Observalgerie

Said Chaou a financé la création du PAM, le parti de Fouad Ali El Himma

Le journaliste Rachid Elbelghiti a dévoilé hier sur sa page Facebook que Said Chaou a déclaré qu’il est commerçant du « hachisch marocain » et non pas un « baron de la drogue » comme décrit par la presse du Makhzen.


Il a signalé avoir ouvert, en toute légalité, des « coffee shop » (endroits légaux pour fumer du hachich aux Pays Bas) contrôlés par le fisc et les institutions bancaires.


Said Chaoui a affirmé avoir financé plusieurs initiatives économiques, culturelles et politiques y compris le « Mouvement pour tous les démocrates », le parti créé par Ali Foua El Himma, l’ami intime du roi Mohammed VI, devenu plus tard le Parti Authenticité et Modernité et qu’il possède des factures et des preuves sur les millions de dirhams qu’il a offert à ce parti.


Selon lui, avant de rentrer au Maroc, il avait accepté les engagements suivants :




  • Consolider l’investissement dans la région du Rif.

  • Contribuer á améliorer le côté social

  • L’entrée dans les conseils municipaux


En échange de privilèges qui rentrent dans le cadre d’une nouvelle ère sous le titre de la réconciliation entre le pouvoir central et le Rif.


Maroc : Cabinet de lobbying disparu après avoir arnaqué la DGED

Gerson Global Advisories n'existe plus. Le cabinet américain de lobbying dont le fondateur, Russ Gerson, a dirigé l’équipe de transition de John Mc Cain pour l’élection présidentielle américaine de 2008 a disparu. Probablement en raison de ses relations avec la DGED.


En 2011, le pouvoir au Maroc a soufflé le chaud et le froid suite aux événements du dénommé Printemps Arabe. La DGED a engagé plusieurs cabinets de lobbying américains dans le but de faire face à la vague de manifestations qui ont suivi la chute de Benali et de Moubarak et promouvoir l'image du Maroc comme "exception".


Rabie Mansouri, américain d'origine marocaine et co-fondateur de GGA, s'est appliqué en vue de réaliser l'objectif de « promouvoir les objectifs politiques et économiques du Maroc » aux Etats-Unis, selon les termes du contrat signé entre les deux parties. Seulement il a voulu s'enrichir sur le dos de la Yassine Mansouri.


En effet, selon une lettre envoyée en février 2012 par Russ Gerson au patron de la DGED le président de GGA a informé Mansouri qu’il venait de mettre fin à sa collaboration avec trois personnes : Rabie Mansouri, un certain Steve Norris et Saâd Bendidi.


 



 

Dans un autre courrier, Gerson explique au patron de la DGED, comment Rabie Mansouri a réussi à falsifier un email pour donner l'impression qu'il a été envoyé á Gerson. "Une fois que nous avons soupçonné qu'il y avait des activités potentiellement contraires à l’éthique de la part de Rabie Mansouri, nous avons ouvert une enquête. Dans le cadre de l'enquête, nous avons examiné la boîte de messagerie de Rabie Mansouri dans Gerson Global Advisors. Aux États-Unis, il est légal et éthique pour un employeur d'examiner les communications des employés envoyées à partir d’un compte de messagerie de la société. Voici un exemple des modifications de courriers que nous avons découvert".


"Ce courrier électronique particulier est l'email original, qui a été vérifié avec Laddyma Thompson, qu'elle a envoyé au nom de Herb London à Rabie Mansouri le 9 janvier 2012 à 17h42. Dans la page 2 se trouve la version modifiée du courrier électronique original de Laddyma Thompson. Veuillez noter que Rabie Mansouri lui a envoyé le courrier électronique modifié, en changeant le courrier électronique pour qu'il apparaisse comme s'il avait été envoyé directement de Laddyma Thompson à Russ Gerson, au lieu de Rabie Mansouri. Vous remarquerez également que la ligne d'objet a été modifiée ainsi qu'une bonne partie du contenu du courrier électronique. C'est cette version modifiée que Rabie a ensuite envoyée à M. Mansouri et à Said Temsamani, tel qu’apparaît dans la page deux. Les parties du courrier électronique marquées en jaune, situées à la page trois, sont celles que Rabie Mansouri a modifiées", a-t-il ajouté.






 

 

 


Saâd Bendidi n’a jamais été enregistré comme lobbyiste pour GGA. Il est toutefois présenté comme « co-président de Alloy Partners LLC », une société phantôme dont on ne trouve aucun indice sur le net, mais qui, selon Le Desk, se basant sur des informations obtenues auprés du registre de commerce de l’Etat de New York, "la société Alloy Partners LLC a été enregistrée en mai 2011 dans le paradis fiscal du Delaware et domiciliée au siège de… Gerson Global à New York, avec Russ Gerson comme personne de référence à contacter". Saâd Bendidi est, depuis 2014, Directeur Général Délégué de Saham, un groupe dans le service de l’assurance, l’assistance, l’offshoring, la santé et l’immobilier.


Pour rappel, Bendidi a présidé l'ONA, le holding royal, de 1999 à 2008, date à laquelle il a été limogé par Mounir Majidi, le secétaire particulier du roi MOhammed VI. Selon une de ses factures, il s'est fait payer 64000 dollars américains par trimestre.




 

 

 

 

vendredi 30 juin 2017

Les conséquences de la révolte pacifique du Rif

La révolte pacifique dans le Rif, mue par des revendications d'ordre social et identitaire, ne peut être perçue aujourd'hui comme un événement singulier, sans lendemain.




Certes, le Rif a ses spécificité historiques, mais le passif de l’État central marocain dans le processus d'intégration de la région du Rif dans la nation marocaine est immense. Les arrestations actuelles, les tortures et les simulacres de procès à venir ne feront qu'amplifier le conflit et accélérer le mouvement vers une impasse propice à la radicalisation. Les jeunes Rifains servent aujourd'hui de mercenaires (1) à Molenbeek, au Pays-Bas et ailleurs, pour la cause du salafisme qui n'est pas la leur ; il serait désastreux d'en ouvrir un autre front à l'intérieur du Maroc.


La seule voie reste le dialogue, sans ruse, pour aller vers une refonte de l’État marocain et la mise en œuvre de solutions politiques, culturelles et économique qui intègrent cette région, mais aussi toutes les autres régions marginalisées du pays.




Pendant des siècles, le Rif a assuré seul la défense du territoire marocain contre les incursions des armées européennes (espagnoles, portugaises, ...), sans l'aide du makhzen. Pire, la violence des mehallas du sultan, pour la levée de l'impôt par la force, s'ajoutait souvent à celle de l'occupant des côtes nord-méditerranéennes.


Ce qui se passe au Rif aujourd'hui aura certainement des répercussions sur tout le Maroc et probablement sur toute l'étendue de l'Afrique du Nord. C'est une évidence historique : dans les dix derniers siècles, les grands mouvements politiques qui ont bouleversé l'Afrique du Nord sont toujours venus de l'Ouest (unification par les Almohades, par les Almoravides, création de mouvements de libération nationale (2) impulsés par la guerre du Rif, ...).





Les arguments poussant vers ce morcellement sont malheureusement nombreux, qui disqualifient l’État central. Ces États post-coloniaux sont généralement jugés illégitimes par les citoyens pour diverses raisons selon le pays : archaïsme politico-religieux au Maroc, prise du pouvoir par la violence et prédation des richesses nationales en Algérie, privatisation de l’État par une tribu en Libye à l'époque Gaddafi, verbiage démocratique bourguibien puis dictature Ben Ali en Tunisie). Ils ont cependant un handicap commun qui les disqualifie encore plus par rapport à l'histoire multimillénaire du sous-continent : leur vassalisation (4) par rapport à l'arabo-islamisme et à l'Orient musulman et le déni de la réalité des peuples d'Afrique du Nord.

C'est un fait, ces États centraux actuels ne représentent pas les pays réels, du Maroc à la Libye, sur tous les plans structurant un pays (plan historique, sociologique, culturel, linguistique, …).

Certes, ces États centraux disposent de la force symbolique (armée, police, école, main-mise sur la religion, une justice aux ordres, etc.). Ils semblent donc indestructibles et non réformables sur l'essentiel. Mais l'histoire nous donne de nombreux exemples de mastodontes qui se sont effondrés en quelques semaines, voire en quelques jours. Plus proche de nous, et qui nous concerne est l'exemple libyen...

Devant ce constat d'échec, entendu souvent, ''cet État est illégitime et non réformable'', il est aisé de deviner la suite : ''alors, prenons notre distance par rapport à cet État central, par la revendication de régions autonomes et/ou indépendantes dans lesquelles nous pourrons reconstruire cette légitimité ''.

Cette conclusion est, de notre point de vue, l'essence même de l'argumentation des mouvements autonomistes actuels (MAK, RPK, mouvement autonomiste rifain, du Mzab, de l'Aurès, du Sud algérien, …) et probablement ceux à venir (?). Le cas du Sahara Occidental revêt, lui, un caractère particulier ; il a été modelé dès sa création dans cette vassalité à l'arabo-islamisme (5).

En toute chose, il est préférable de rechercher une bonne solution (sinon la meilleure) pour un vrai problème. La solution ''pousse-bouton'' (à la mode dans le monde) de l'autonomie est, pour nous, synonyme de retribalisation/morcellement ; elle est plus une manifestation d'un atavisme ancestral de repli vers la tribu, zone refuge où les règles sont connues et acceptées de tous. Les temps ont changé, ils sont à l'édification d'ensembles cohérents, solidaires. Une Afrique du Nord réelle, ou ''Grand Maghreb'', selon les dénominations données par d'autres, devra être l'objectif à atteindre. Il fallait d'abord nommer cet objectif par nous-mêmes pour pouvoir l'atteindre ; nos compatriotes l'ont fait : c'est notre Tamazgha.

Plutôt que de pousser vers le morcellement extrême, il s'agit d'investir cet État central, dans chacun des pays, pour pouvoir le réformer et lui reconnaître enfin cette légitimité fondamentale.

Les voies sont multiples et les obstacles nombreux :

* Des capitaux colossaux des pays du Golfe sont injectés dans l'économie pour supporter cette vassalité et maintenir la pression culturelle, religieuse et diplomatique.

* Des manipulations machiavéliques de l'Histoire pour fabriquer des minorités ethniques à partir des groupes linguistiques bien réels (la Kabylie, le Rif, le Mzab, les Touaregs,…). Cette perversion avait déjà été utilisée par la colonisation française. L'objectif est de dévier le débat sur l'identité nationale vers les ''minorités'' et autres ''peuples autochtones'' à la marge, ou même venus d'ailleurs (6), sortes de réserves indiennes à tolérer, et ainsi garder Le ''Maghreb utile'' dans le giron de l'arabo-islamisme, ''partie intégrante de la nation arabe'', selon la formule consacrée.

* L'acharnement actuels des islamistes, relais des pouvoirs centraux et des Emirats orientaux, pour combattre toute velléité d'autonomie de Tamazgha par rapport à l'arabo-islamisme est révélateur de l'importance de l'enjeu. Les blocages et sabotages actuels contre les langues tamazight et darja/l'arabe dialectal (dont le refus actuel de la reconnaître et de l'introduire à l'école), qui sont l'expression du pays réel, nous renseigne sur le niveau de mobilisation engagée. C'est prendre acte que le processus en cours de ré-islamisation/wahhabisation s'accompagne systématiquement de la renonciation à la souveraineté nationale et pour la disparition de notre nation dans le mythique khalifat islamique, supposé sans frontière, mais commandé par les Emirs du Golf. Notre société a le devoir de s'opposer et de mettre en échec cette prétention à l'asservissement.

Des réponses que donnera l’État central marocain au soulèvement aujourd'hui pacifique du Rif, de la réaction des autres États de Tamazgha, et de la mobilisation de toutes les autres régions, dépendra la rupture et le renouveau historique et culturel tant attendus pour notre sous-continent nord africain, berceau de l'humanité.

Les temps des demi-mesures et des ruses nous ont menés à l'impasse, d'autres l'ont dit explicitement avant nous : "Qu'est-ce qu'une culture sinon un instrument de libération ? Pour que la culture berbère de ce temps soit un instrument d'émancipation et de réel désaliénation, il est nécessaire de lui donner tous les moyens d'un plein développement. Elle ne peut pas être une culture de réserve indienne ou une activité marginale, plus tolérée qu'admise. Aucun domaine ne doit être en dehors de sa prise ou de sa visée. Rien de ce qui est humain ne doit lui être étranger..." Mouloud Mammeri, Poèmes kabyles anciens, p. 56.

Aumer U Lamara, écrivain

Auteur de l'essai historique en tamazight : ''Muhend Abdelkrim, di Dewla n Ripublik (Du temps de la République du Rif, 1920-1926), éditions L'Harmattan, Paris, 2012.

Notes :

(1) La majorité des terroristes islamistes qui a perpétré les massacres de Paris en 2015 (Bataclan, stade de France, mitraillage de plusieurs brasseries,…) étaient des Rifains de Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles.

(2) les fondateurs de l'Etoile Nord Africaine (E.N.A.) s'inscrivaient totalement dans la continuité de la lutte de libération rifaine et de la stratégie d'Abdelkrim.

(3) la première résistance de Jugurtha contre Rome c'était lorsqu'il s'opposa au morcellement de la Numidie, suite au partage entre les héritiers, conseillé par des émissaires romains ''bienveillants''. Le dépeçage appliqué était le prélude à l'invasion programmée par Rome.

(4) Notamment le discours de Mohammed V dans les jardins d'El Mendoubia à Tanger, le 10 avril 1947, ''Le Maroc est un pas arabe, il rejoindra la ligue arabe''. Le parti nationaliste arabe, l'Istiqlal de Allal El Fassi, lui avait alors forcé la main.

(5) Asif Azeggagh / Seguiet el Hamra / Rio de Oro / Sahara Occidental, était dénommé formellement ''République Arabe Sahraouie Démocratique'' (RASD). Boumédiène en était le principal instigateur.

(6) ''Amazighs Berra'' (Amazighs dégage / dehors) : écrits sur les murs de Berriane et Ghadaïa par les jeunes Chaambis, chauffés par le wahhabisme, pour instaurer un khalifat islamique, s'inscrit dans cette vision ''des minorités amazighs''… à éradiquer. Le procès de Médéa où l'on juge les mozabites qui sont agressés et qui se défendent et non les agresseurs est un écho de l’État algérien à cette stratégie pro-orientale.


 Le MatinDZ, 26 juin 2017