vendredi 30 juin 2017

Les conséquences de la révolte pacifique du Rif

La révolte pacifique dans le Rif, mue par des revendications d'ordre social et identitaire, ne peut être perçue aujourd'hui comme un événement singulier, sans lendemain.




Certes, le Rif a ses spécificité historiques, mais le passif de l’État central marocain dans le processus d'intégration de la région du Rif dans la nation marocaine est immense. Les arrestations actuelles, les tortures et les simulacres de procès à venir ne feront qu'amplifier le conflit et accélérer le mouvement vers une impasse propice à la radicalisation. Les jeunes Rifains servent aujourd'hui de mercenaires (1) à Molenbeek, au Pays-Bas et ailleurs, pour la cause du salafisme qui n'est pas la leur ; il serait désastreux d'en ouvrir un autre front à l'intérieur du Maroc.


La seule voie reste le dialogue, sans ruse, pour aller vers une refonte de l’État marocain et la mise en œuvre de solutions politiques, culturelles et économique qui intègrent cette région, mais aussi toutes les autres régions marginalisées du pays.




Pendant des siècles, le Rif a assuré seul la défense du territoire marocain contre les incursions des armées européennes (espagnoles, portugaises, ...), sans l'aide du makhzen. Pire, la violence des mehallas du sultan, pour la levée de l'impôt par la force, s'ajoutait souvent à celle de l'occupant des côtes nord-méditerranéennes.


Ce qui se passe au Rif aujourd'hui aura certainement des répercussions sur tout le Maroc et probablement sur toute l'étendue de l'Afrique du Nord. C'est une évidence historique : dans les dix derniers siècles, les grands mouvements politiques qui ont bouleversé l'Afrique du Nord sont toujours venus de l'Ouest (unification par les Almohades, par les Almoravides, création de mouvements de libération nationale (2) impulsés par la guerre du Rif, ...).





Les arguments poussant vers ce morcellement sont malheureusement nombreux, qui disqualifient l’État central. Ces États post-coloniaux sont généralement jugés illégitimes par les citoyens pour diverses raisons selon le pays : archaïsme politico-religieux au Maroc, prise du pouvoir par la violence et prédation des richesses nationales en Algérie, privatisation de l’État par une tribu en Libye à l'époque Gaddafi, verbiage démocratique bourguibien puis dictature Ben Ali en Tunisie). Ils ont cependant un handicap commun qui les disqualifie encore plus par rapport à l'histoire multimillénaire du sous-continent : leur vassalisation (4) par rapport à l'arabo-islamisme et à l'Orient musulman et le déni de la réalité des peuples d'Afrique du Nord.

C'est un fait, ces États centraux actuels ne représentent pas les pays réels, du Maroc à la Libye, sur tous les plans structurant un pays (plan historique, sociologique, culturel, linguistique, …).

Certes, ces États centraux disposent de la force symbolique (armée, police, école, main-mise sur la religion, une justice aux ordres, etc.). Ils semblent donc indestructibles et non réformables sur l'essentiel. Mais l'histoire nous donne de nombreux exemples de mastodontes qui se sont effondrés en quelques semaines, voire en quelques jours. Plus proche de nous, et qui nous concerne est l'exemple libyen...

Devant ce constat d'échec, entendu souvent, ''cet État est illégitime et non réformable'', il est aisé de deviner la suite : ''alors, prenons notre distance par rapport à cet État central, par la revendication de régions autonomes et/ou indépendantes dans lesquelles nous pourrons reconstruire cette légitimité ''.

Cette conclusion est, de notre point de vue, l'essence même de l'argumentation des mouvements autonomistes actuels (MAK, RPK, mouvement autonomiste rifain, du Mzab, de l'Aurès, du Sud algérien, …) et probablement ceux à venir (?). Le cas du Sahara Occidental revêt, lui, un caractère particulier ; il a été modelé dès sa création dans cette vassalité à l'arabo-islamisme (5).

En toute chose, il est préférable de rechercher une bonne solution (sinon la meilleure) pour un vrai problème. La solution ''pousse-bouton'' (à la mode dans le monde) de l'autonomie est, pour nous, synonyme de retribalisation/morcellement ; elle est plus une manifestation d'un atavisme ancestral de repli vers la tribu, zone refuge où les règles sont connues et acceptées de tous. Les temps ont changé, ils sont à l'édification d'ensembles cohérents, solidaires. Une Afrique du Nord réelle, ou ''Grand Maghreb'', selon les dénominations données par d'autres, devra être l'objectif à atteindre. Il fallait d'abord nommer cet objectif par nous-mêmes pour pouvoir l'atteindre ; nos compatriotes l'ont fait : c'est notre Tamazgha.

Plutôt que de pousser vers le morcellement extrême, il s'agit d'investir cet État central, dans chacun des pays, pour pouvoir le réformer et lui reconnaître enfin cette légitimité fondamentale.

Les voies sont multiples et les obstacles nombreux :

* Des capitaux colossaux des pays du Golfe sont injectés dans l'économie pour supporter cette vassalité et maintenir la pression culturelle, religieuse et diplomatique.

* Des manipulations machiavéliques de l'Histoire pour fabriquer des minorités ethniques à partir des groupes linguistiques bien réels (la Kabylie, le Rif, le Mzab, les Touaregs,…). Cette perversion avait déjà été utilisée par la colonisation française. L'objectif est de dévier le débat sur l'identité nationale vers les ''minorités'' et autres ''peuples autochtones'' à la marge, ou même venus d'ailleurs (6), sortes de réserves indiennes à tolérer, et ainsi garder Le ''Maghreb utile'' dans le giron de l'arabo-islamisme, ''partie intégrante de la nation arabe'', selon la formule consacrée.

* L'acharnement actuels des islamistes, relais des pouvoirs centraux et des Emirats orientaux, pour combattre toute velléité d'autonomie de Tamazgha par rapport à l'arabo-islamisme est révélateur de l'importance de l'enjeu. Les blocages et sabotages actuels contre les langues tamazight et darja/l'arabe dialectal (dont le refus actuel de la reconnaître et de l'introduire à l'école), qui sont l'expression du pays réel, nous renseigne sur le niveau de mobilisation engagée. C'est prendre acte que le processus en cours de ré-islamisation/wahhabisation s'accompagne systématiquement de la renonciation à la souveraineté nationale et pour la disparition de notre nation dans le mythique khalifat islamique, supposé sans frontière, mais commandé par les Emirs du Golf. Notre société a le devoir de s'opposer et de mettre en échec cette prétention à l'asservissement.

Des réponses que donnera l’État central marocain au soulèvement aujourd'hui pacifique du Rif, de la réaction des autres États de Tamazgha, et de la mobilisation de toutes les autres régions, dépendra la rupture et le renouveau historique et culturel tant attendus pour notre sous-continent nord africain, berceau de l'humanité.

Les temps des demi-mesures et des ruses nous ont menés à l'impasse, d'autres l'ont dit explicitement avant nous : "Qu'est-ce qu'une culture sinon un instrument de libération ? Pour que la culture berbère de ce temps soit un instrument d'émancipation et de réel désaliénation, il est nécessaire de lui donner tous les moyens d'un plein développement. Elle ne peut pas être une culture de réserve indienne ou une activité marginale, plus tolérée qu'admise. Aucun domaine ne doit être en dehors de sa prise ou de sa visée. Rien de ce qui est humain ne doit lui être étranger..." Mouloud Mammeri, Poèmes kabyles anciens, p. 56.

Aumer U Lamara, écrivain

Auteur de l'essai historique en tamazight : ''Muhend Abdelkrim, di Dewla n Ripublik (Du temps de la République du Rif, 1920-1926), éditions L'Harmattan, Paris, 2012.

Notes :

(1) La majorité des terroristes islamistes qui a perpétré les massacres de Paris en 2015 (Bataclan, stade de France, mitraillage de plusieurs brasseries,…) étaient des Rifains de Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles.

(2) les fondateurs de l'Etoile Nord Africaine (E.N.A.) s'inscrivaient totalement dans la continuité de la lutte de libération rifaine et de la stratégie d'Abdelkrim.

(3) la première résistance de Jugurtha contre Rome c'était lorsqu'il s'opposa au morcellement de la Numidie, suite au partage entre les héritiers, conseillé par des émissaires romains ''bienveillants''. Le dépeçage appliqué était le prélude à l'invasion programmée par Rome.

(4) Notamment le discours de Mohammed V dans les jardins d'El Mendoubia à Tanger, le 10 avril 1947, ''Le Maroc est un pas arabe, il rejoindra la ligue arabe''. Le parti nationaliste arabe, l'Istiqlal de Allal El Fassi, lui avait alors forcé la main.

(5) Asif Azeggagh / Seguiet el Hamra / Rio de Oro / Sahara Occidental, était dénommé formellement ''République Arabe Sahraouie Démocratique'' (RASD). Boumédiène en était le principal instigateur.

(6) ''Amazighs Berra'' (Amazighs dégage / dehors) : écrits sur les murs de Berriane et Ghadaïa par les jeunes Chaambis, chauffés par le wahhabisme, pour instaurer un khalifat islamique, s'inscrit dans cette vision ''des minorités amazighs''… à éradiquer. Le procès de Médéa où l'on juge les mozabites qui sont agressés et qui se défendent et non les agresseurs est un écho de l’État algérien à cette stratégie pro-orientale.


 Le MatinDZ, 26 juin 2017


Le Qatar prêt à participer à une psychotérapie de groupe avec ses voisins du Golfe



Qatarinfos, 30 juin 2017




Les derniers propos du ministre des affaires étrangères du Qatar Mohammad ben Abdel Rahman al-Thani sont enfin une véritable proposition.

Le Qatar se dit prêt à rassurer ses voisins mais pas question de toucher à sa souveraineté

Mohammad ben Abdel Rahman al-Thani en voyage aux Etats Unis a rencontré de nombreuses personnalités américaines dont Rex Tillerson, pour leur expliquer le point de vue du Qatar sur la crise actuelle dans le Golfe. A l’issue de ces rencontres et sans doute pour répondre à la partie adverse, Arabie saoudite, Emirats arabes unis et Bahreïn qui indiquent que le Qatar est dans le déni, il convient qu’il faut discuter pour lever les craintes de ses voisins du Golfe. Il rappelle en même temps qu’il n’est pas question de toucher à la souveraineté du Qatar.

Ce qu’il faut comprendre des indications du ministre qatarien, c’est qu’il propose, ni plus ni moins qu’une psychothérapie de groupe. Ceci pourrait être une excellente suggestion tant ce conflit semble « irréel ».

Bien évidemment, Qatarinfos.net, très attentif à ce qui se passe dans le Golfe, se permet une suggestion, pour  que cette psychothérapie s’avère efficace. Compte tenu des difficultés historiquement « lourdes », il serait opportun de passer par une première étape avec la technique dite d’analyse de groupe, y passer un tiers du temps global et terminer avec la technique dite du psychodrame. Un des exercices pratiques pour les dirigeants des pays concernés pourrait être, le jeu de rôle, par exemple Mohammad bin Salman se met à la place de Tamim bin Hamad al Thani et vice et versa. Il serait aussi opportun d’avoir un autre exemple où  le prétendant au trône d’Abou Dhabi, Mohammed Ben Zayed Al-Nahyan se retrouve à la place de Mohammad bin Salman et que celui-ci continue dans le rôle de l’émir Tamim…

En conclusion provisoire, le ministre des affaires étrangères du Qatar Mohammad ben Abdel Rahman al-Thani a sans doute raison, le Qatar pourrait payer cette psychothérapie aux trois leaders de l’Arabie saoudite, Emirats arabes unis et Qatar afin qu’ils évacuent leurs frustrations et qu’ils soignent leur « ego.»

Nous sommes convaincus à Qatarinfos.net que ces trois hommes de grande valeur ont tellement de points en commun  qu’à l’issue de cette psychothérapie, la crise serait résolue par une véritable négociation dans le respect de tous les membres du Conseil de Coopération du Golfe.

Rif marocain : Face au pacifisme de la rue, le Palais sort la matraque

Par Thérèse di Campo


La colère populaire qui s'exprime depuis sept mois dans le Rif (une région du nord du Maroc) a pour point de départ la mort tragique d'un vendeur de poisson. En octobre dernier, Mohcine Fikri est retrouvé broyé dans une benne à ordures du port d'Al Hoceima. Il tentait d'échapper à des agents de la ville venus saisir sa marchandise – des espadons – dont la pêche est interdite durant cette saison. Les conditions de sa mort réveillent alors le profond sentiment d'injustice enraciné depuis des années dans une région enclavée et marginalisée.


L'indignation se transforme en mouvement de contestation pacifique aux revendications sociales : « Nous voulons un hôpital, une université et du travail ». Aux couleurs rouge et blanc du drapeau rifain, des milliers de personnes battent le pavé, s'insurgeant contre le chômage, le manque d'infrastructures mais aussi la corruption du gouvernement. Né à la ville, le « Hirak » (le mouvement) s'est rapidement propagé dans les communes rurales et villages alentour. Depuis, la mobilisation n'a jamais cessé. Au Maroc, une bonne partie des médias, largement contrôlés par le Palais royal, choisira de se taire face à la crise sociale qui enfle pendant des mois. Rassemblant des milliers de personnes, la place Mohamed VI d'Al Hoceima se transforme pourtant en sit-in permanent.


Le palais défié par le peuple


« Je suis un citoyen comme les autres et je veux dénoncer les injustices sociales du Rif » dit, un chômeur de 38 ans au micro, en s'adressant à des milliers de personnes sur la place Mohamed VI, le 18 mai dernier. Dans ses discours, Nasser Zefzafi, le leader emblématique du « Hirak », défie les autorités, interpelle frontalement le Roi et dénonce la corruption des élites du pays. Le 26 mai, l'homme interrompt un imam dans une mosquée qui condamne le mouvement dans son prêche. « Est-ce que les mosquées sont faites pour Dieu ou le makhzen [le pouvoir] ? », s'insurge alors Zefzafi.


Dans un pays ou critiquer la monarchie toute puissante expose à de graves condamnations, l'affront est de trop. Le héros du Rif est arrêté et accusé d'« atteinte à la Sûreté intérieure de l'État ». Sur son sillage, plus d'une centaine de personnes sont incarcérées, surtout des jeunes, les leaders du mouvement mais également des journalistes locaux qui relayaient la cause du « Hirak ». Loin de calmer la révolte, les arrestations n'ont fait que l'amplifier.


Forteresse policière


Et pour mater la rébellion dans le ventre de la cité et éteindre les foyers de contestation, le Palais ne lésine pas sur les moyens en déployant un dispositif sécuritaire impressionnant à Al Hoceima. Police, bouclier au poing, mais aussi gendarmerie royale quadrillent en permanence la petite ville côtière, peuplée de 56 000 habitants. « Le soirnous sommes comme des animaux en cagecontrôlés en permanence pour rejoindre notre domicile. Seuls les habitants du quartier sont autorisés à venir ici », gronde un groupe de femmes, qui doit « slalomer » entre les barrages policiers pour rentrer chez elles.


 

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Querelle entre l'ambassade du Maroc à Nouakchott et le site Taqadoum

Le site mauritanien Taqadoum a présenté officiellement ses excuses au personnel de l'ambassade du Maroc à Nouakchott suite à des informations publiées sur cette dernière.
"Après une vérification minutieuse des informations publiées par notre site « Taqadoum.mr/fr », relatives à l’ambassade du Maroc à Nouakchott, dans lesquelles, nous avons évoqué certains membres de la mission, dans des dossiers liés aux visas, nous présentons toutes nos excuses, à tout le staff de l’ambassade du Royaume accréditée auprès de la Mauritanie, pour tout ce qui a été mis en ligne sur notre site Web, en sa direction", a rapporte Taqadoum.
"Le site a par ailleurs retiré toutes les informations et reportages publiés auparavant", conclue-t-il.
Les informations concernées ont été publiées le 27 juin 2017 sous le titre de "le Roi Mohamed VI sauve la Mauritanie de la mainmise des lobbies et des courtiers en nommant un nouvel ambassadeur a nouakchott".
Pour rappel, le site a déjà diffusé des informations similaires dans un article publié le 23 mai 2017 sous le titre de "Des demandeurs du visa marocain à Nouakchott, interpellent un influent cadre de l’Ambassade du Royaume pour sauver la mission de la mainmise des lobbies et du clientélisme".
Selon cette publication "des centaines de demandeurs de visa, mauritaniens et étrangers, majoritairement subsahariens, ont vivement dénoncé les lobbies qui détournent l’Ambassade du Royaume à Nouakchott de sa noble mission et la soumettent aux règles du clientélisme et de la trahison de la patrie, pour l’unique objectif de réaliser des intérêts étroits".
Voici le texte intégral de cet article:
Des demandeurs du visa marocain à Nouakchott, interpellent un influent cadre de l’Ambassade du Royaume pour sauver la mission de la mainmise des lobbies et du clientélisme
Des centaines de demandeurs de visa, mauritaniens et étrangers, majoritairement subsahariens, ont vivement dénoncé les lobbies qui détournent l’Ambassade du Royaume à Nouakchott de sa noble mission et la soumettent aux règles du clientélisme et de la trahison de la patrie, pour l’unique objectif de réaliser des intérêts étroits.


Les mécontents, qui indexent le chargé d’affaires M. Lahcen Benmoussati.et le cadre de la chancellerie alaouite Abdel Khalegh, ont interpellé dans leur désolation, face à ce qui se passe d’indigne à l’Ambassade marocaine à Nouakchott, le responsable, afin d’intervenir et d’arrêter le chaos.


Les demandeurs du visa marocain fondent d’importants espoirs sur Bechir, qui a passé 20 ans à l’Ambassade et qui est également un ancien camarade de classe du Roi Mohamed VI, pour tirer l’Ambassade de la médiocrité et de l’égarement, surtout que cette chancellerie est appelée à jouer un rôle prépondérant dans un Maghreb Arabe tiraillé par les rivalités et déchirements, sur fonds de la question du Sahara Occidental.


Bechir est donc sollicité pour sauver l’Ambassade prise en otage par le chargé des affaires et certains de ses collaborateurs.


Les mécontents ont dénoncé par ailleurs, l’accréditation de l’ambassade de courtiers marocains résidents en Mauritanie, ne témoignant aucun intérêt pour Royaume, se souciant uniquement de leurs intérêts propres.

Parlement Européen : délégation amazighe reçue par Antonio Panzeri

Le Président de la Sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement Européen reçoit une délégation amazighe sur les évènements du Rif





L’eurodéputé et président de la Sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement Européen, M. Pier Antonio Panzeri, a reçu  une délégation amazighe composé par les responsables de l’Assemblée Mondiale Amazighe, Rachid Raha et M’hamed Bihmedn, et certains militants du Mouvement Populaire du Rif en Europe, messieurs Bilal Azzouz et Abderrahim Barkane. Le Président de la Sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement Européen s’est largement entretenu avec les membres de la délégation. Cette dernière l’ a informé des causes de ces évènements et elle lui a fourni divers dossiers sur la situation des droits humains dans le Rif, au nord du Maroc, et sur la continuation des violations de ces droits y inclus le jour même de l’aid, jour supposé de paix et de fraternité, où il y a eu plusieurs détentions et blessés. La dite délégation a abordé les questions de torture physique et psychologique lors de la détention des dirigeants du Mouvement Populaire du Rif, qui revendiquaient des droits légitimes, d’ordre économiques, sociaux, culturels et environnementales, et cela de manière pacifique depuis l’assassinat de Mohcine Fikri, le 28 octobre dernier, en précisant que ce mouvement n’a aucun lien avec des mouvements séparatistes.

L’eurodéputé responsable des droits humains, M. Pier Antonio Panzeri a exprimé à la délégation sa disponibilité de se déplacer dans la région afin de rencontrer les responsables et les membres de la société civile dans les prochains jours. Ci-après, la lettre de l’AMA, qui lui a été soumise ce mardi 27 juin 2017:

A l’aimable attention de M. Pier Antonio PANZERI

Président de la Sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement Européen

Objet : détérioration de la situation des droits humains dans le Rif marocain

Excellence,

Tel que vous le savez, l’Union Européenne est liée à  l’État marocain par un «accord d’association» dans sa politique de voisinnage, entré en vigueur depuis le 1er mars 2000, et « un statut avancé » signé le 13 octobre 2008, ainsi qu’un statut renforcé par les négociations pour un Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) à partir du 1er mars 2013. Ces accords d’association entre l’Union Européenne et le Maroc ont pour objectifs essentiels, notamment, la promotion effective de la démocratie et le respect des droits de l’Homme, comme le stipule le passage ci-après : « Le respect des principes démocratiques et droits fondamentaux de l’Homme, tels qu’énoncés dans la déclaration universelle des droits de l’Homme, inspire les politiques internes et internationales de la communauté et du Maroc et constitue un élément essentiel du présent accord».

Par ailleurs, les recommandations onusiennes, publiées par le Comité des experts chargés de l’examen du rapport officiel du Maroc présenté au Comité onusien des droits économiques, sociaux et culturels lors de sa cinquante sixième session à Genève, le 30 septembre et le 01 octobre 2015, appellent le Maroc pour qu’il s’activait urgemment pour promulguer la loi organique relative à la mise en œuvre de la langue l’amazighe, reconnue officielle en juillet 2011, à multiplier les efforts officiels pour garantir l’intégration et la généralisation de l’enseignement de l’amazighe de telle sorte qu’il concerne l’enseignement primaire, secondaire et universitaire, à l’augmentation de la présence de l’amazighe au niveau des médias publiques et de résoudre définitivement le problème de l’interdiction des prénoms amazighes pour les nouveaux nées. Le Comité de l’ONU avait ouvertement demandé à l’Etat marocain de lutter contre la ségrégation contre l’amazighe, particulièrement dans le domaine de l’enseignement et de l’emploi, à mettre fin à la spoliation de la propriété et des terres collectives qui est source d’exode et d’émigration, et à mettre en place un plan de développement pour les régions marginalisées et juguler les écarts entre régions et espaces urbains des espaces ruraux.

Les autorités marocaines, au lieu de respecter ces accords d’associations Maroc-UE et les recommandations de l’ONU et améliorer la situation des droits de l’homme, au sein des différentes régions du Maroc, violent les droits de l’homme les plus élémentaires des populations amazighes en poursuivant une politique de discrimination de fait à leur encontre, s’en passent de tous les instruments internationaux des droits humains et piétinent toutes les lois nationales et conventions internationales ainsi que l’accord d’association de « Statut Avancé » avec l’Union Européenne. En témoignent expressément les actuels et très graves événements dans la région du Rif.

Avec grand étonnement, afin de répondre aux revendications légitimes d’ordre économiques, sociales, culturels et environnementales des jeunes rifains, l’Etat marocain a fait usage de la répression et de la violence, contre des milliers de citoyens qui sont sortis pacifiquement pour protester dans la ville d’ Al-Hoceima et dans d’autres villes et villages du Rif. Après une campagne d’arrestations arbitraires menée sans respect pour la loi ni pour les chartes internationales des droits de l’homme, l’Etat, directement ou indirectement, a orchestré des campagnes médiatiques pour diaboliser et discréditer les manifestants dans le Rif et dans les autres régions du pays. Il a procédé à l’arrestation du leader de la protestation, Nacer Zafzafi et plus de 150 activistes de la contestation populaire dans le Rif, dont 32 des activistes du Mouvement Populaire du Rif ont été condamnés injustement à de lourdes peines le 14 juin dernier par le tribunal de première instance d’Al-Hoceima, dont 25 activistes à 18 mois de prison ferme.

En plus, cette région qui a donné de grands résistants au colonialisme, tel Mohamed Abdelkrim Al-Khattabi et à l’armée de libération, a non seulement été marginalisée par l’Etat, bien plus, elle fut l’objet de politique d’appauvrissement à tel point que l’Etat continue à spolier les terres des tribus. Et pour cela, nous citons comme un simple exemple, l’action de l’Etat en 2016  qui a abouti à la spoliation de plus de  trente mille (30.000) hectares que dans la province d’Al-Hoceima.

La politique de répression témoigne de la volonté du système à inaugurer la transition dictatoriale et l’édification d’un Etat géré avec une main de fer. Fait que combattent tous les citoyennes et citoyens Amazighes dans différentes régions du Maroc et dans la diaspora européenne, de manière pacifique, pour dénoncer les atermoiements et les campagnes qui visent la contestation et poursuivre la lutte acharnée en faveur d’un Etat démocratique dans le cadre d’une monarchie parlementaire.

Nous vous demandons avec insistance à votre sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement européen de saisir de cette affaire et de penser à une résolution sur ce sujet. Une résolution qui comporterait, premièrement, la condamnation de cette inadmissible dérive autoritaire et répressive de l’Etat marocain. Deuxièmement, elle devrait inclure la libération immédiate et sans conditions de tous les détenus de la contestation dans le Rif, à commencer par Nacer Zafzafi. Et troisièmement, qu’elle appelle à un dialogue franc de l’Etat avec les contestataires et l’inciter à satisfaire leur dossier revendicatif, sans oublier de mentionner la dévolution des terres spoliées à leurs propriétaires légitimes ainsi que la satisfaction de leurs droits culturels et linguistiques.

En étant à votre disposition à vous apporter plus de précisions, veuillez agréer, Excellence Pier Antonio PANZENI, nos salutations les plus distinguées.

Signé : Rachid RAHA, Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe



Propagande : « Info Trafic Algérie », l’autre média « algérien » au service du Makhzen ?

Par le passé nous avons divulgués de nombreux médias qui travaillent sous couvert l’Algérianité afin de servir la propagande du Makhzen. Ces sites internet propagandistes ne sont pas uniquement des médias d’information, pour preuve, aujourd’hui nous nous interrogeons sur l’un des groupes de « communauté algérienne » les plus populaires sur Facebook qui servirait finalement que d’outil et de relais politique au Makhzen !? 


Vous l’avez certainement fréquenté, vous en êtes peut-être même l’un des membres, il est censé vous donner l’état de la circulation à travers les routes algériennes, cette page qui possède également un site internet n’est autre que le groupe « ITA » (Info Trafic Algérie) qui compte plus de 300.000 abonnés algériens.


Cependant, cette page ne se restreint pas uniquement à informer ses abonnés sur l’état du trafic en Algérie. Souvent, même des fois un peu trop, elle envoie des messages politiques, la plus part du temps insultants envers l’Algérie et les algériens. Un comportement suspect que nous avons observés depuis plusieurs mois maintenant, une panoplie de publications qui renvoie généralement au négativisme et au rabaissement de tout ce qui est fait en Algérie.


Aujourd’hui, ce site est tombé dans son propre piège. En effet, en voulant illustré avec une image l’un de leur article ayant pour sujet  « l’alcool au volant en Algérie », les « propriétaires » de ce site ont commis une indélicatesse – Une de trop ? – qui résume bien leurs pensées et leurs missions ! Les rédacteur de ITA n’ont rien trouvé de mieux que de mettre une carte géographique du Maghreb supprimons la frontière entre le Maroc et le Sahara Occidental, faisant ainsi des territoires Sahraouis occupés une partie intégrante du royaume marocain !


Avec cette publication, ITA affiche clairement ses pensées ! Désormais, on est en droit de se demander qui peut bien être derrière ce groupe qui manipule des milliers d’Algériens sous couvert d’une activité quelconque ? En parallèle, on reconnait bien les méthodes du Makhzen, qui n’hésite pas à acheter tout ceux qui sont « Achetables » pour servir sa propagande au Sahara Occidental et ainsi consolider sa guerre féroce envers l’Algérie sur les réseaux sociaux ! A vous de juger !


 

Source : Algerianews24

 

Maroc : Le Rif des drapeaux

Après la manifestation du 11 juin 2017, à Rabat, en soutien au mouvement contestataire du Rif, j’ai demandé aux membres de ma famille ce qu’ils en pensaient. « Ces manifestants soutiennent des séparatistes », m’ont-ils dit. « En témoigne l’omniprésence du drapeau de la république du Rif et celui des Imazighen et la quasi-absence du drapeau national ». Mais quelle est l’histoire de ces deux drapeaux? Ceux qui le brandissent versent-ils réellement dans le séparatisme?


Le Rif est une région connue pour son humeur frondeuse et rebelle, sa géographie enclavée, et par les plaies béantes des blessures du passé qui ont du mal à se refermer. Pierre Vermeren, spécialiste français du Maghreb, affirme dans une interview donnée au quotidien français Libération qu’au Maroc, « le Palais surveille le Rif comme le lait sur le feu ».


Cette région est en ébullition depuis plus de sept mois. La mort d’un jeune poissonnier, Mouhcine Fikri, surnommé « le martyr de la dignité », la nuit du vendredi 28 octobre 2016, a eu l’effet d’une étincelle sur du bois surchauffé. Mouhcine Fikri a été happé par une benne à ordures où il s’était jeté afin de sauver sa marchandise confisquée par les autorités.


Un mouvement de protestation est né : le « Hirak » du Rif. Un mouvement social qui exige que le voile soit levé sur les circonstances réelles de la mort de Fikri et que la justice soit sans merci avec les auteurs de ce crime abject. Depuis, la protestation s’est répandue comme une traînée de poudre et a largement dépassé le cadre de la ville d’Al Hoceima. Du coup, le cahier revendicatif a pris de l’ampleur. La dignité d’abord et les revendications sociales et économiques ensuite: l’emploi, les infrastructures sociales (hôpital, université, etc.).


Cependant, l’Etat persiste à faire la sourde oreille. Il préfère décrédibiliser un mouvement social authentique en l’accusant d’être au service d’un agenda politique étranger et de verser dans le séparatisme et prête l’oreille à des élus qui ne représentent qu’eux-mêmes et à des partis atteints d’obsolescence.


Les manifestations à Al Hoceima et dans le nord du Maroc sont devenues quotidiennes dès l’arrestation de Nasser Zefzafi, porte-parole du mouvement. Depuis, les arrestations se comptent par dizaines parmi les leaders de la protestation. Elles touchent également des artistes et des journalistes de la presse écrite et électronique. Le portrait de Nasser Zefzafi côtoie désormais ceux de Mouhcine Fikri et d’Abdelkrim Khattabi dans les manifestations, colorées de deux drapeaux: celui de la république du Rif et celui des Imazighen, devenus des emblèmes brandis avec fierté par les protestataires.


Le premier est un étendard rouge, avec en son centre un losange comportant un croissant et une étoile verte à six branches. Ce drapeau remonte à la république du Rif (1921-1926) de Abdelkrim Khattabi, surnommé le « Che marocain », héros victorieux de la bataille d’Anoual. D’ailleurs, Che Guevara aurait rencontré Abdelkrim alors qu’il était en exil au Caire en 1959. La revue Zamane raconte que lors de cette rencontre, « Che Guevara avait pris un petit calepin (…) notant minutieusement tout ce que lui racontait Abdelkrim ». Certains considèrent ce drapeau comme un symbole de séparatisme. En vérité, il en est tout autrement. Ce drapeau rappelle une épopée glorieuse du Rif face au colonialisme espagnol. Selon Zakya Daoud, ancienne journaliste et écrivain, Abdelkrim n’a pas « voulu concurrencer le sultan ni sur le plan religieux ni sur le plan politique ». Il n’est qu’un « patriote qui désire que son pays ne soit plus sous le joug des étrangers ».


Nasser Zefzafi se demande pourquoi les manifestants seraient-ils obligés de hisser le drapeau national à leurs manifestations. Il estime « qu’ils ne sont pas dans une guerre de drapeaux » et que le patriotisme « ne se résume pas dans le drapeau national ». Il conclut que si l’État n’avait pas occulté l’histoire du Rif, nos concitoyens n’auraient aucun problème à ce que les manifestants brandissent le drapeau du Rif ou celui des Imazighen.


Si les Rifains brandissent le drapeau de la république du Rif au lieu du drapeau national, c’est aussi pour montrer qu’il y a une différence entre eux et le reste du Maroc. Ils ressentent la « hogra », qu’on peut traduire par l’injustice, voire l’humiliation sociale. Les Rifains considèrent qu’ils ont été abandonnés à leur sort depuis la révolte du Rif (1958-1959) écrasée dans le sang. N’oublions pas que lors des émeutes de 1984, feu Hassan II les avait alors qualifiés de « awbach » littéralement « sauvages », ou « parasites de la société ».


Le second emblème est un drapeau amazigh. Composé de trois bandes horizontales bleue, verte et jaune. Avec en son centre la lettre ⵣ de l’alphabet tifinagh qui signifie « l’homme libre ». La couleur bleue fait référence à la mer. Le couleur verte représente les plaines et les montagnes. Quant à la couleur jaune, elle renvoie au désert du Sahara. Chaque couleur renvoie à une composante de Tamazgha, nom que donnent les Amazighs au nord de l’Afrique qui a « bercé, depuis l’aube de l’histoire, leur identité, leur culture et leur activité urbaine », comme le souligne Ahmed Assid, militant amazigh.


Cet étendard, qui fut proposé par Youssef Medkour et officialisé en 1998, n’est pas un signe de séparatisme car il « n’est pas l’emblème d’un pays, mais l’emblème de l’identité culturelle amazighe »estime Ahmed Assid. Il ajoute que ce drapeau « est présent dans chaque pays où se trouve une communauté amazighe: au Canada, en Hollande et en Algérie ».


Après avoir expliqué tout cela à mon entourage, ils sont revenus à la charge en affirmant que ces manifestations pourraient provoquer la « fitna », qu’on peut traduire par l’anarchie, et faire du Maroc une deuxième Syrie. Mais qui pourrait éveiller cette « fitna »? Ceux qui réclament leurs droits élémentaires? Ou ceux qui profitent du statu quo?


Tayeb Laabi

Ledaily.ma

L’intérêt de la presse américaine pour la crise du Rif peut inquiéter



C’est un développement qui ne devrait pas passer inaperçu auprès des autorités marocaines. Coup sur coup mercredi 28 juin, le magazine Newsweek, passé au tout numérique en 2012 puis revenu en version print deux ans plus tard, a consacré dans sa page «Opinion» un article sur la crise du Rif sous le titre «Pourquoi les manifestations de rues au Maroc deviennent dangereuse ».


Le prestigieux New York Times a également ouvert ses pages «Opinion» à une tribune sur «le retour en force de la rébellion des montagnes marocaines». Un intérêt subit pour le Rif qui, s’il n’inquiète pas encore le ministère  marocain des Affaires étrangères, le pousse à s’interroger sur la suite que tout cela pourrait avoir.


Les deux publications sont en effet très influentes auprès de nombreux cercles à Washington, parmi lesquels les think tanks, les groupes de pression et les membres des comités des Affaires étrangères au Congrès.


Pour l’heure, hormis un coup de sang contre les Pays-Bas, Rabat a choisi de traiter les événements d’Al Hoceima dans un cadre strictement interne.




Maghreb Intelligence


Maroc : Les larmes de crocodile d'El Othmani sur le Rif

Le PJD tente de sauver ce qui reste des apparences. Le Parti qui se voulait la pointe de lance de la lutte contre la corruption et le symbole du Printemps Marocain s'est avéré plus royaliste que le roi et plus makhzéniste que le Makhzen. Des voix internes s'élèvent pour demander le retrait de leur formation du gouvernement après le scandale du Rif.


Le Premier Ministre Saadeddine El Othmani a reçu l'ordre de sortir de son silence et de se prononcer sur la répression qui s'abat depuis des mois sur la population du Rif et dont les protestations ont été relayées par plusieurs villes du Maroc.


El Othmani a déclaré qu’il avait de la peine pour la tournure prise par les événements et le nombre croissant de blessés qui gonflent les bilans tout en préciser que la loi devait primer par dessus tout dans ce climat de tension. Quelle loi? Celle de la matraque?


Les manifestations sont pacifiques depuis le début et n'ont jamais altéré l'ordre. En dépit de cela, plus de 300 activistes rifains se trouvent en prison. Les villes du Rif assiégées. La région presque sous un couvre-feu. Alors, de quelle loi parle El Othmani?


Le Makhzen, profitant de l'indifférence de la communauté internationale, a pris la décision de résoudre la question du Rif sur la base de la main forte en misant sur le temps pour mater la résistance du peuple rifain.

Maroc : Escalade dans la répression contre le mouvement social du Rif (FIDH)


Depuis huit mois, un vaste mouvement de protestation s’est déclenché dans la province d’Al Hoceima (Région du Rif au nord du Maroc) qui réclame justice sociale, travail, santé, infrastructures routières, développement économique et dignité humaine, sans que les demandes des militants ne faiblissent ni que les autorités y apportent de réponse. Ce mouvement social, pacifique, a pris de l’ampleur, suite à la mort tragique de Mohcine Fikri, jeune vendeur de poisson, tué le 28 octobre 2016, écrasé par la benne à ordures qui engloutissait sa marchandise confisquée par la police.




Depuis la nuit du 26 mai dernier, au moins 93 personnes ont été détenues pour avoir participé à ce large mouvement de protestation. 44 personnes, au moins, parmi celles arrêtées dans la région du Rif ont été transférées devant la Cour d’appel de Casablanca et sont officiellement en état d’arrestation. A la tête de ces détenus, se trouve Nasser Zefzafi, un des leaders du mouvement. Arrêté le 29 mai, ce dernier fait face, selon ses avocats, à de lourdes accusations, dont l’atteinte à la sécurité intérieure du pays.


Le 5 juin, deux membres de premier rang du mouvement ont également été arrêtés : Nabil Ahamjik, considéré comme le numéro deux du mouvement et Silya Ziani, chanteuse engagée et figure féminine des manifestations. Nawal Ben Aïssa, l’un des visages du mouvement , a également été interrogée le 7 juin par la police judiciaire de la ville. Un autre dirigeant, El Mortada Amrachaa a par ailleurs été arrêté à Al Hoceima dans la soirée du 10 juin, avant d’être relâché le 23 juin, pour être poursuivi en liberté provisoire. Plusieurs journalistes ont en outre été arrêtés. Certains des détenus ont entamé une grève limitée de la faim.


Suite à l’appel de certains partis politiques, syndicats et organisations de défense des droits humains au Maroc, des grandes villes du royaume dont Rabat, Casablanca et Tanger ont aussi connu des rassemblements et des manifestations de solidarité avec le le mouvement , la dernière en date étant celle du 20 juin à Casablanca. Ces actions ne cessent de prendre de l’importance et ont souvent été interdites par l’intervention violente des forces de l’ordre. Cette répression a eu pour répercussion des actes de violence menés par des manifestants.


Face aux revendications sociales et économiques légitimes des citoyens et citoyennes de la région historiquement marginalisée, les autorités marocaines ont annoncé une série de projets de développement et d’insertion sociale. Cela ne les a pas empêché de faire un recours à la force disproportionné et à des détentions arbitraires pour punir le mouvement revendicatif. Les médias officiels ainsi que des partis politiques au pouvoir ont déclenché une campagne de diabolisation et de dénigrement du mouvement social. Certaines mosquées ont également émis des prêches pour accuser les manifestants de « séparatisme » et « connivence avec l’étranger ».


Une commission d’enquête composée de plusieurs associations de défense de droits humains (dont l’AMDH) dénonce de surcroît la violence et torture de certains détenus, lors des arrestations ou au poste de police. L’initiative civile pour le Rif a également estimé que "l’approche sécuritaire n’est pas un choix judicieux", en appelant à l’ouverture d’un dialogue entre les représentants du gouvernement, les membres du mouvement de protestation, les acteurs associatifs et les élus de la région. Le parquet a effectivement ouvert 16 enquêtes pour des cas de torture.


La FIDH et ses organisations membres au Maroc, l’AMDH et l’OMDH, craignent que les autorités marocaines continuent d’utiliser une force excessive à l’encontre des manifestants et de détenir arbitrairement ceux qui y participent comme elles l’ont fait pour réprimer le mouvement du 20 février né en 2011.


La FIDH, l’AMDH et l’OMDH condamnent ces arrestations et autres violations commises par les autorités marocaines et demandent la libération inconditionnelle de toutes les personnes arrêtées dans ce contexte ainsi que l’abandon de toutes les charges à leur encontre.


Si la FIDH et ses organisations membres condamnent également les violences commises par certains manifestants, elles appellent les autorités marocaines à respecter les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion, et à procéder au dialogue avec tous les acteurs de la société civile concernés pour apporter les réponses appropriées aux aspirations de dignité et de justice économique et sociale.



jeudi 29 juin 2017

Èvènement : Le Comité de Soutien au Mouvement Rifain Ile-de-France appelle à une marche à Paris

PARIS (KDirect) -- Dans un communiqué parvenu à notre rédaction,  le Comité de soutien au Mouvement Rifain Ile-de-France, appelle à une marche pour ce dimanche 2 juillet 2017 qui aura lieu de la place de la Bastille à la Place de la République à Paris.


Ci-après l'intégralité du communiqué.





Le comité de soutien au mouvement rifain Ile de France

Appel à la manifestation le 2 juillet 2017 à 15h30 Place de la Bastille
(Marche de la place de la Bastille à Place de la République)


Le Comité de soutien au Mouvement Rifain-IDF (CSMR), organise ce dimanche 2 juillet 2017 à 15h30 une manifestation entre la place de la Bastille et la place de la République. La manifestation se poursuivra par un sit-in ayant pour thème principal « Exiger de l’Etat marocain l’arrêt de la répression des citoyens rifains et la libération immédiate des détenus politiques ».

Pour rappel, le 28 octobre 2016, un poissonnier (Mouhcine FIKRI) fut arrêté pour vente de poissons interdits à la pêche (Espadons) et mourut tragiquement broyé dans une benne à ordures en voulant s’opposer à la destruction non justifiée de sa marchandise par la police. Un mouvement populaire spontané (Hirak du RIF) et une vague de solidarité nationale s’en étaient suivis pour exiger que les véritables responsables de ce crime soient traduits devant la justice et aussi pour dénoncer la corruption généralisée, les passe-droits, la mafia de la pêche, le chômage, …etc. Les citoyens du RIF ont récapitulé leurs revendications dans un document écrit et dont les points essentiels sont de nature économique et sociale :

- Levée du blocus économique dont fait l’objet le RIF depuis plus de 60 ans,
- Lute contre la corruption généralisée qui entravent le développement de la région du RIF,
- Abrogation du dahir de 1958 qui considère la province d’Al Hoceima comme zone militaire,
- Construction d’un hôpital d’oncologie, de routes, d’une université, …etc

Depuis plus de huit mois, des centaines de milliers de rifains manifestent pacifiquement dans toutes les villes et villages du RIF. L’Etat marocain fait la sourde oreille et refuse de négocier avec les représentations du Hirak. Pire, le Makhzen (pouvoir marocain) a noyé la région du RIF avec des dizaines de milliers de policiers et militaires pour réprimer ce mouvement populaire civique et pacifiste. Cette stratégie ayant échoué, le Makhzen est passé à une phase encore plus dangereuse ; il a arrêté et mis en prison plus de 200 personnes dont les leaders du Hirak (Nacer ZAFZAFI, Mohamed JALLOUL, Silya ZIYANI, …), le seul crime de ces militants est d’avoir osé critiquer le Makhzen. Toutes les villes et villages du RIF sont militairement quadrillés, les rassemblements pacifiques sont dispersés à coups de matraque et gaz lacrymogène, des arrestations arbitraires sont commises, des enlèvements sont opérés de nuit. Les familles sont effrayées par la sauvagerie des opérations policières; Une manifestation pacifique à Al Hoceima le jour sacré de l’Aïd (26 juin) a été réprimée dans le sang.

Nos vives pensées vont aux détenus politiques et à leurs familles, en leur exprimant notre admiration et notre solidarité.
A travers cet appel, nous nous adressons à la société civile et aux forces éprises de justice et de démocratie, de se joindre à notre manifestation le 2 juillet 2017 pour :

- Exiger de l’Etat marocain la libération immédiate des prisonniers politiques du Hirak,
- Apporter notre soutien inconditionnel au Mouvement rifain et aux luttes justes et légitimes des masses populaires dans le RIF et dans le Maroc,
- Condamner avec fermeté la politique répressive du pouvoir réactionnaire marocain.

Soyons nombreux ce dimanche 2 juillet 2017 à partir de 15h30 pour un défilé de la place de la Bastille à la place de la République.

- Vive la lutte pacifique et civilisée de la population du RIF,
- Non à la militarisation du RIF,
- Pour la satisfaction de la plateforme revendicative du mouvement rifain,
- Pour la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques rifains.




Le Comité de Soutien au Mouvement Rifain Ile de France
Paris, le 26 juin 2017




Source :  kdirect.info

Naissance du mouvement 18 septembre pour l'Indépendance du Rif


Publié par Stéphane ARRAMI le 03/04/2014 







Le mouvement 18 septembre : Une démarche réelle pour libérer le Rif de la colonisation marocaine.









Un groupe des républicains Rifains au Pays-Bas, ont annoncé cette semaine la création du mouvement 18 septembre, qui est la première étape pour créer le gouvernement provisoire du Rif. Selon nos sources, le mouvement est inscrit légalement auprès des autorités néerlandaises. Il se compose de deux piliers, un politique, et l'autre économique.

Cette démarche est survenue lors d'un grand débat animé entre les élites politiques et économiques du Rif en Europe, surtout au Pays-Bas, notamment le colloque organisé par certains d'eux en collaboration avec l'organisation  "Peuples Sans États" à Roosendaal le 30 novembre 2013, à  propos du droit à l'autodétermination des peuples dans le cadre de la légitimité internationale.

Selon nos sources proches des fondateurs de ce mouvement, l'annonce détaillée du projet de mouvement s'effectuera le 18 septembre prochain, à l'occasion du 93ème anniversaire de la promulgation de l'indépendance du Rif, 18 septembre 1921.

Le mouvement a pris le nom du jour national Rifain. Il a pour l'objectif de libérer le Rif occupé actuellement par le régime autoritaire du Maroc.

Fikri El Azrak







RIF / Communiqué du mouvement 18 septembre suite au rassemblement de 13 novembre 2016 à Paris

Communiqué suite au rassemblement de 13 novembre 2016 à Paris


Dans le soir du vendredi à samedi 28 octobre 2016, la police marocaine a assassiné un marchand de poissons Mohcine Fikri à Al-Hoceima, où elle l’a broyé de sang froid dans une benne à ordure sous l’ordre d’un commandant de police en prononçant l’expression : broie sa race (T’hen din mmou/Rbez Yemmas). Cette expression démontre la politique du régime marocaine basée sur l’écrasement collectif du peuple Rifain.


L’Etat marocain, dès qu’il s’est emparé du RIF en 1956, il n’a pas arrêté de démontrer sa politique qui vise la liquidation collective du peuple Rifain. Des crimes contre l’Humanité ont été commis contre notre peuple depuis cette date. Lors de ces  cinq dernières années, ce régime criminel et dictatorial a confirmé sa politique raciste à plusieurs reprises.




Le mouvement 18 septembre pour l’indépendance du RIF, qui suit de très près la situation politique en cours du RIF, notamment le mouvement citoyen Rifain, salue la mobilisation massive du peuple Rifain qui a démontré sa grandeur, son pacifisme, sa discipline et sa maturité politique.


Le mouvement a saisi le secrétaire générale de l’ONU pour:


– Diligenter une commission d’enquête onusienne visant à mettre fin à l’impunité pour les crimes graves dans le RIF et amener les responsables marocains à répondre de leurs actes.


– Engager un processus permettant au peuple Rifain d’exercer pleinement son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.


Le mouvement, qui organise aujourd’hui 13 novembre 2016 un rassemblement devant l’ambassade du Maroc à Paris pour dénoncer le terrorisme de l’Etat marocain dans le RIF, tient à saluer la solidarité internationale qui s’est exprimé avec le peuple rifain suite au meurtre de Mohcine FIKRI, et exhorte le peuple Rifain à poursuivre toutes les formes de protestation dans la perspective d’une désobéissance civile complète et à traduire la colère et l’indignation populaire en une force politique afin de recouvrer la souveraineté du RIF, qui est la seule garantie pour la paix et la sécurité dans le RIF.


Mouvement 18 septembre pour l’indépendance du RIF


Paris, le 13 novembre 2016



Le mouvement 18 septembre adresse une lettre au gouvernement espagnol pour arrêter ses négociations avec le Maroc à propos du dossier des gaz toxiques contre le RIF


Dans le contexte des négociations entre le Maroc et l’Espagne concernant le dossier des gaz toxiques contre le RIF, où les deux gouvernements essayent de fermer définitivement ce dossier lourd sans demander la position des RIFAINS et sans aucune réparation pour les victimes. Le mouvement 18 septembre émanant de la population Rifaine libre a adressé une Lette au gouvernement espagnol, la société civile et les partis politiques espagnols pour demander d’arrêter immédiatement ces négociations déroulant sans aucune participation des RIFAINS qui sont les premiers et les derniers intéressants.


Voici la lettre dans son intégralité :


« Mouvement 18 septembre pour l’indépendance du RIF »



Lettre au gouvernement espagnol concernant les négociations Maroc-espagnol du dossier des gaz toxiques contre le RIF


Le mouvement 18 septembre pour l’indépendance du RIF suit avec une grande préoccupation les dernières négociations entre le gouvernement espagnol et son homologue marocain concernant le dossier des gaz toxiques utilisés contre la République du RIF (1921 – 1926).


Pour le mouvement 18 septembre, ces négociations est un crime rajouté à la série de ceux exercés contre le peuple RIFAIN par les deux pays qui sont en train de négocier ce dossier.


Le mouvement 18 septembre émanant de la population Rifaine libre, considère le régime marocain comme une force occupante basée sur le Rif jusqu’à présent, lance un appel au gouvernement et au peuple espagnol afin d’éviter un autre crime contre ce peuple voisin des espagnols à travers les négociations avec le Maroc sur un sujet qui ne concerne que les Rifains.


Le mouvement 18 septembre appelle l’Espagne à engager une discussion avec les Rifains eux mêmes, sans la médiation de personne, et loin de l’État marocain qui est une partie de la problématique Rifaine. Et s’il est nécessaire d’impliquer l’État marocain dans ces négociations, il doit l’être en tant que bourreau, et non comme une victime.


Suite à toutes ces considérations, le mouvement 18 septembre voit que l’Espagne marche dans un chemin hostile aux ambitions du peuple RIFAIN, parce que le gouvernement marocain ne représente pas le RIF, et n’a pas le droit de parler au nom de ce peuple qui attend encore une position courageuse et historique auprès du gouvernement espagnol afin de régler ce problème.


Le mouvement 18 septembre appelle aussi toutes les forces vivantes de l’Espagne, les partis politiques, les syndicats et les ONG des droits de l’homme, pour arrêter ces négociations avec le Maroc, soit celles de la guerre chimique où d’autres qui concernent les relations Rifo-espagnoles.


Fikri El AZRAK


Coordinateur général du mouvement 18 septembre


2 Janvier 2015


Une copie de cette lettre a été envoyé aux :


§ Président du gouvernement espagnol : Mariano Rajoy Brey


§ Le président du Congrès des députés espagnol : Jesús Posada Moreno


§ Président du Sénat espagnol : Pío García-Escudero Márquez, conde de Badarán


§ Président de la Généralité de Catalogne : Artur Mas i Gavarró


§ Le président du gouvernement des Canaries : Paulino Rivero Baute


§ Le président du gouvernement Basque : Iñigo Urkullu Rentería


§ Le Président de la communauté autonome de Melilla : Juan José Imbroda


§ Le Président de la communauté autonome de Ceuta : Juan Jesús Vivas


Présidents des partis politiques espagnols :


§ Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE)


§ Le parti populaire (PP)


§ La gauche unie (IU)


§ Podemos.


§ La solidarité Catalane pour l’indépendance (SCI)


§ Convergence démocratique de Catalogne (CDC)


§ Convergence et Union (CiU)


§ La Gauche républicaine de Catalogne (ERC).


§ Union démocratique de Catalogne (UDC)


§ Le parti nationaliste Basque (EAJ-PNV)


§ Centre canarien nationaliste (CCN)


§ L'Union du peuple navarrais (UPN)


§ La Coalition canarienne (CC)


Les syndicats espagnols :


§ Les Commissions Ouvrières (CCOO)


§ La Confédération nationale du travail (CNT)


§ La Confédération générale du travail (CGT)


§ L'Union générale des travailleurs (UGT)


§ Syndicat de travailleurs basques (ELA)


Les ONG des droits de l’Homme espagnols :


§ L'Association espagnole pour les droits de l'Homme (APDHE)


§ La section espagnole d'Amnesty International


§ l'Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH).


§ La fédération des associations espagnole pour les droits de l'homme (FADPDHE).


§ L'association espagnole pour le droit international des droits de l'homme (AEDIDH).


§ La ligue espagnole pour les droits de l’homme (LEDH).



PDF En français : http://rifland.blog.lemonde.fr/files/2015/01/Lettre-M-18-au-Gouvernement-Espagnol.pdf


En espagnol : http://rifland.blog.lemonde.fr/files/2015/01/CARTA-POR-EL-GOBIERNO-ESPANOL.pdf


En Arabe : http://rifland.blog.lemonde.fr/files/2015/01/%D8%B1%D8%B3%D8%A7%D9%84%D8%A9-%D8%A5%D9%84%D9%89-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%83%D9%88%D9%85%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%A5%D8%B3%D8%A8%D8%A7%D9%86%D9%8A%D8%A9-%D8%A8%D8%AE%D8%B5%D9%88%D8%B5-%D9%85%D9%84%D9%81-%D8%A7%D9%84%D8%BA%D8%A7%D8%B2%D8%A7%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D8%A7%D9%85%D8%A9.pdf





Agoravox, 5 janvier 2015



http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-mouvement-18-septembre-adresse-161484

Congrès constitutif du Mouvement 18 septembre pour l’indépendance du RIF

Mouvement 18 septembre pour l’indépendance du RIF


Congrès constitutif à Rotterdam- Pays-Bas,

Pour compléter son parcours politique et son architecture organisationnelle, le mouvement du 18 Septembre pour l'indépendance du RIF tient son congrès constitutif, sous le thème «l'indépendance du RIF est une nécessité impérieuse » et ce, le 18 Septembre 2015 à Rotterdam (Pays-Bas) (voir adresse ci-dessous) à 16H30 heure locale.

La Congrès sera une occasion pour tou(te)s les RIFAINS(E)S pour prendre leur responsabilité historique pour l'indépendance du RIF et recouvrir leur dignité usurpée, de sorte que le mouvement appelle tou(te)s les RIFAINS(E)S libres pour assister au congrès consacré à la fête de l'indépendance de la 1ère République du RIF, et contribuer au renforcement de sa structure organisationnelle et de la base populaire comme un prélude à d'autres étapes.

Le congrès se déroulera selon le programme suivant:

16h30 - Accueil des participants

17h00 - Discours d'ouverture

17h10 - Un court documentaire fait par le mouvement sur la République de RIF entre passé et présent

17h25 – Interventions des délégations et des membres du mouvement.

19h30 - Pause

20h00 - Discussion ouverte

21h30 - Une soirée artistique.

Le congrès aura lieu à Arminius à l'adresse suivante:

Arminius, Congres- & Debatcentrum

Museumpark 3

3015 CB Rotterdam

Tram ligne 7, arrêt Museumpark Rotterdam

Pays-Bas

Maroc : Les rébellions du Rif, d'hier à aujourd'hui, par les détricoteuses

Depuis le début du XXe siècle, la région du Rif, au nord du Maroc, se distingue par des actes de résistances aux différents oppresseurs colonialistes ou gouvernementaux. En octobre dernier, à la suite de la mort tragique d’un pêcheur, Mohcine Fikri, la région s’est à nouveau embrasée.

Dans cet ultime numéro de la saison, les détricoteuses Laurence De Cock et Mathilde Larrère expliquent les ressorts de ce mouvement citoyen « Hirak », auquel le roi Mohammed VI semble pour le moment ne réagir que par la répression, encore une fois.

 

 

Maroc : La matraque à la place de l'argent

[caption id="attachment_4183" align="alignleft" width="300"] Casablanca, sit-in de soutien au Hirak, 28 juin 2017[/caption]

Le manque d'argent et les dettes exhorbitantes paralysent le gouvernement marocain pendant que les besoins de la population attendent dans le placard au risque d'être oubliés.


Avec la crise financière traversée par le Maroc depuis plusieurs années et que Rabat n'arrive à peine à dissimuler, la capacité d'initiative du gouvernement s'est avérée très étroite. Il n'y a pas d'argent, le tourisme en baisse et les dettes accumulées sont toujours là. La précarité aussi ne fait que monter dans une société de plus en plus consciente de ses droits légitimes. Le régime, pour sa part, focalise sur le Sahara Occidental qui accapare toute son attention et intérêt.


La crise du Rif a mis à l'épreuve le régime du Maroc. Le slogan du plus beau pays au monde est tombé à l'eau. De même, la vitrine largement exposée de l'exception  marocaine.


Surendetté, le Makhzen se trouve au bord de la faillite. Incapable de subvenir aux besoins de la population, le régime a choisi la fuite en avant matraque en main en vue de mater le Hirak du Rif. Coincé dans ses contradictions et sa soummission à la volonté du palais, le gouvernement du PJD se cache derrièle le silence. Il n'est même pas utile pour canaliser la rue tel qu'il l'a fait en 2011 dans le but de sauver le régime des foudres du Printemps Arabe.


Le peuple marocain s'est trouvé face à une réalité dure : Le fait de voter pour des partis politiques qui sont, en réalité une coquille vide. Ils ont voté pour le PJD sans que celui-ci ait un programme claire et transparent. C'est le résultat des votes achetés à 200 DHM.


Cependant, un fait important pourrait changer la donne. Cinq des présidents des communes d'Al Hoceima ont présenté leurs démissions. Il paraît que d'autres suivront. Une première dans les conflits sociaux marocains.

"Nous avons deux mers et du phosphate, mais nous vivons dans la misère" (manifestants)

[caption id="attachment_4177" align="alignleft" width="555"] Le 24 juin, une manifestation de soutien au mouvement marocain a eu lieu à Bruxelles. (Photo Mohamed Aadel)[/caption]

Manifestations au Maroc : « Nous avons deux mers et du phosphate, mais nous vivons dans la misère »


Depuis octobre 2016, les manifestations se succèdent au Maroc. D’abord confiné dans le Nord du pays, le Rif, le mouvement s’est étendu à tout le pays, avec des dizaines de milliers de manifestants à Casablanca, Rabah et des dizaines d’autres villes. Rencontre avec Mohamed Aadel, un des animateurs du mouvement en Belgique.


Mohamed Aadel est militant du Comité pour le Suivi de l’Affaire Mouhcin Fikri en Belgique.


Pourquoi des manifestations ont-elles commencé ?


Mohamed Aadel. Depuis le 28 octobre 2016, lorsque le vendeur de poisson Mouhsin Fikri a été cruellement tué dans une benne à ordure en voulant sauver sa cargaison de poissons confisquée par la police, les manifestations n’ont pas arrêté dans la ville d’Al-Hoceima. L’indignation face à cet acte barbare s’est transformée en un mouvement avec des revendications socio-économiques et culturelles. Pendant plusieurs mois, le mouvement s’est confiné au Rif, et en particulier dans la ville de Al-Hoceima. Ces dernières semaines, il s’est étendu à travers tous le Maroc.


Qu’est-ce que le Rif, exactement ?


Mohamed Aadel. Le Rif est une région montagneuse dans le nord du Maroc, longeant la Méditerranée marocaine. La région est aride et pauvre, car négligée par le pouvoir central depuis des décennies. Il existe de gros problèmes socio-économiques partout au Maroc, mais ces problèmes sont encore pires dans le Rif : taux de chômage très élevé, surtout chez les jeunes, infrastructures d’enseignement, de santé et routières très faible et en mauvais état… Et, lorsque la Belgique et le Maroc ont signé un accord en 1964 pour faire venir des travailleurs marocains en Belgique, les autorités marocaines ont envoyé des gens du Rif, plutôt que de développer la région. De ce fait, une grande partie de la population vit aujourd’hui de l’aide envoyée par l’émigration, surtout de Belgique et des Pays-Bas. À Al-Hoceima, il y a aussi la pêche. C’est à peu près tout ce qu’il y a comme ressources dans le Rif. Mais le Rif a aussi une réputation rebelle.


Que veulent les manifestants ?


Mohamed Aadel. Il s’agit de revendications socio-économiques et culturelles. Les gens veulent de l’emploi, des investissements pour développer les services publics, un enseignement de meilleure qualité, un hôpital digne de ce nom, une meilleure infrastructure routière. Au niveau culturel, le mouvement demande une reconnaissance de leur langue, l’Amazigh, au niveau de l’administration et de l’enseignement. Le Rif est une région habitée essentiellement par des Imazighen (Berbères) dont beaucoup ne connaissent pas l’Arabe, langue nationale, surtout à la campagne, où l’enseignement est souvent absent.


Pendant des mois, le gouvernement a laissé faire, mais, depuis fin mai, la répression sévit. Pourquoi ce revirement et pourquoi cette violence contre un mouvement qui se veut pacifique ?


Mohamed Aadel. Dès le début, le mouvement se veut pacifique. Nasser Zefzafi, le leader du mouvement, en prison depuis le 28 mai dernier, n’a cessé de le marteler et d’éviter les provocations policières. Les jeunes essaient chaque soir de se rassembler et de manifester tout en évitant des affrontements avec la police.


Tant que le mouvement restait confiné à Al-Hoceima et au Rif, les autorités ont laissé faire espérant que le mouvement allait s’épuiser de lui-même. Tout se faisait en langue amazigh, que les arabophones ne comprenaient pas. Mais, en mai dernier, les leaders du mouvement, Zefzafi en tête, ont estimé qu’il était nécessaire d’élargir leur mouvement, et ils ont commencé à communiquer en arabe. C’est à partir de ce moment que l’appareil de répression s’est massivement mis en marche. Et Zefzafi a été jeté en prison.


Les revendications ne concernent donc pas que les habitants du Rif ?


Mohamed Aadel. Les revendications et les problèmes sont les mêmes dans tout le Maroc, bien qu’ils sont encore plus lourds dans le Rif et certaines autres régions délaissées, qui se montrent de plus en plus séduites par l’exemple rifain.


Qui soutient ce mouvement ?


Mohamed Aadel. La grande majorité de la population est derrière le mouvement, mais il est surtout porté par des jeunes. Leur avenir est complètement bouché. Le mouvement bénéficie aussi du soutien dans les campagnes isolées, et on a vu des taxis amener des villageois gratuitement aux manifestations.


Le gouvernement marocain accuse le mouvement de séparatisme. Qu’en est-il ?


Mohamed Aadel. Dans les manifestations, on ne voit en effet que le drapeau amazigh et surtout celui de la République du Rif qui symbolisent leur culture, leur patrimoine et leur identité. Le drapeau marocain n’y est pas du tout populaire. Pour beaucoup de gens, le drapeau marocain représente l’allégeance à un pouvoir qui les méprise. Mais ils ne sont pas pour autant séparatiste. Il existe bien-entendu des tendances indépendantistes, mais elles sont très minoritaires. Pour éviter que cette tendance se renforce, les autorités feraient mieux d’écouter les revendications légitimes plutôt que d’exercer la répression et de dénigrer le mouvement en diffusant des contre-vérités.


Le soi-disant séparatisme du mouvement est un prétexte avancé par le pouvoir pour discréditer et diviser le mouvement, et pour justifier la répression. Zefzafi a dit et redit que le mouvement n’était pas séparatiste. Et maintenant que le mouvement s’étend à des dizaines de villes à travers tous le pays, l’argument prend de moins en moins. Dans des dizaines de villes du pays, des manifestants sortent dans la rue criant leur soutien au mouvement et fustigeant les autorités : « Non à la répression », « Tous unis avec le Hirak (nom donné au mouvement, NdlR) du Rif » ou encore « Êtes-vous un gouvernement ou un gang ? ».


Les auteurs du meurtre de Mohcin Fikri, le vendeur de poisson, viennent d’être condamnés. Êtes-vous quand même satisfait ?


Mohamed Aadel. En fait, il s’agit de sous-fifres qui ont écopé de 8 mois pour un meurtre. Par contre, le 13 juin, les premières condamnations ont été prononcées contre des manifestants : 25 jeunes ont été condamnés à 18 mois de prison ferme. 8 mois pour un meurtre, 18 mois pour avoir manifesté pour réclamer justice… Et parmi les manifestants condamnés à 18 mois de prison, Ayman Fikri, jeune étudiant atteint d’un cancer, qui manifestait pour avoir accès à un traitement médical. La condamnation des manifestants est ressentie comme un coup de massue. Le 10 juillet prochain, des leaders du mouvement comme Zefzafi, vont à leur tour être jugés. Ils risquent de très lourdes peines, peut-être des dizaines d’années de prison. Leur meilleur protection contre de lourdes peines et la torture, c’est la solidarité nationale et internationale.


Comment le roi Mohamed VI réagit-il ?


Mohamed Aadel. Pendant longtemps, il a gardé le silence. Beaucoup de gens sont persuadés qu’il peut résoudre les problèmes. Le dimanche 25 juin, il a exprimé son « mécontentement » par rapport au retard dans l’exécution des programmes d’investissements dans la ville de Al-Hoceima. C’est bien qu’il soit « mécontent » ou qu’il refuse les vacances aux ministres, mais ce n’est pas ce que demandent les manifestants ! S’il veut réellement montrer sa volonté à résoudre la crise, il n’a qu’à ordonner la libération des détenus et à mettre sur place une délégation qui aura comme tâche la négociation avec les leaders du mouvement.


À l’occasion de l’Aïd el-Fitr (la fête de fin du ramadan, NdlR), il a gracié 562 personnes, et pas un seul détenu du Hirak ne fait partie de la liste! Le roi n’a visiblement pas l’intention de résoudre cette crise, puisqu’à l’heure où il faisait ces déclarations, Al-Hoceima était complètement encerclé par les forces de l’ordre qui ont transformé la ville et les environs en une véritable prison à ciel ouvert.


Ce n’est pas une question de moyens. Dans la liste Forbes des 50 personnalités africaines les plus riches, huit sont Marocaine, dont le roi lui-même. Il était d’ailleurs mentionné dans les Panama Papers, avec un compte de sept milliards de dollars. Donc de l’argent, il y en a.


Certains s’opposent au mouvement en disant que la situation est pire ailleurs et qu’ils préfèrent le roi et la stabilité au désordre ?


Mohamed Aadel. On peut toujours se comparer au pire, mais je préfère comparer au meilleur. Pourquoi le peuple marocain n’aurait-il pas droit à une vie digne et prospère ? Parmi les slogans les plus entendus dans les manifestations, il y avait « Nous avons deux mers et du phosphate, mais nous vivons dans la misère », « Nous vivons dans un pays riche avec des élites vivant dans l’opulence, mais le peuple vit dans la misère ». Des centaines de milliers de jeunes n’ont pas de perspectives d’avenir. La révolte est donc tout à fait justifiée.


Le mouvement ne demande que la réalisation de revendications socio-économiques et culturelles, la fin du mépris. Si les autorités engagent un dialogue et manifestent une réelle volonté d’y accéder, le mouvement s’arrêtera illico. Personne ne demande un changement de régime.


C’est par contre le régime qui provoque la violence pour effrayer les gens et discréditer le mouvement. Notamment en envoyant des bandes de casseurs, les Baltagis, contre les manifestants pour provoquer des bagarres. À Al-Hoceima, on a vu des manifestants monter sur les toits pour éviter des affrontements avec la police ou des provocateurs tout en manifestant.


La violence et le désordre viennent donc du pouvoir, pas des manifestants.


Source : Solidaire

Maroc : Et si le roi Salmane ne venait pas à Tanger?





Hirak : 8 mois de contestation dans le Rif marocain


Savez-vous qu’un vaste mouvement de contestation secoue le Rif marocain ? Si vous ne vous informez que via les médias de masse, probablement non, tant ceux-ci n’ont abordé que succinctement le sujet (en France tout particulièrement). Cela fait pourtant huit mois que ça dure ! Et ce malgré une répression violente de la part de l’Etat marocain, allant jusqu’à la torture. Parti de la mort tragique d’un vendeur de poisson en octobre dernier à Al Hoceïma, les manifestations ont rapidement pris dans ce Rif pauvre, enclavé et historiquement rebelle, un tour politique plus large. Avec ce slogan devenu véritable mot d’ordre de la lutte : Liberté, dignité et justice sociale !



Le magazine de Canal sud revient aujourd’hui sur ce combat exceptionnel par sa durée et son intensité, que les rifains désignent sous le terme local signifiant "mouvement" : le Hirak. Notre invité Jacques-Moussa, militant marocain vivant en France, le replace dans la longue histoire des luttes au Maroc.








mercredi 28 juin 2017

Photos des prisonniers de Gdeim Izik dans la prison

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Projet de lettre au Secrétaire Général de l'ONU (février 2012)

Monsieur le Secrétaire Général,



La résolution 1979 du Conseil de Sécurité, adoptée en avril 2011, a consacré des paramètres clairs et tracé des orientations précises quant au processus de négociations visant à trouver une solution politique définitive au différend régional relatif au Sahara marocain.



Le Royaume du Maroc a, depuis, déployé des efforts importants pour la mise en œuvre de cette résolution, dans toutes ses dimensions, politique, humaine et humanitaire.



Le Royaume s’est, ainsi, engagé de manière résolue et constructive, dans le processus de négociations en cours. Il n’a ménagé aucun effort pour la mise en œuvre effective des approches innovantes, encouragées par le Conseil de Sécurité.



A cet égard, le Maroc a participé à la réunion thématique sur les ressources naturelles, tenue à Genève le 9 novembre 2011, par une délégation importante, et a présenté des exposés détaillés et exhaustifs sur la valorisation des ressources de la région au bénéfice des populations locales.



Le Maroc réitère sa pleine disposition à reproduire cet exercice utile et pertinent, tel que décidé à l’issue de la 8ème réunion informelle. Il ne peut, toutefois, que regretter que les autres parties aient, encore une fois, fait le choix de la politisation et de l’instrumentalisation des débats et aient refusé de contribuer de manière sincère et substantielle aux discussions.



Monsieur le Secrétaire Général,



Pour ce qui est de la dimension humaine et humanitaire du différend, le Maroc a mis en œuvre l’ensemble des engagements pris lors de la négociation de la résolution 1979 :





  1. Le Conseil National des Droits de l’Homme, devenu organe constitutionnel, a finalisé le processus de mise en place de ses structures régionales. Deux Commissions ont, ainsi, été installées au Sahara, à Laâyoune et à Dakhla. Issues en majorité de la société civile locale et des ONG engagées dans la protection et la promotion des droits de l’homme, elles disposent de pouvoirs importants en termes d’alerte précoce, d’investigation et de médiation.


 




  1. Le Royaume du Maroc, a approfondi et consolidé son interaction positive avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme. Ainsi, « l’Experte Indépendante dans le domaine des droits culturels » a réalisé une visite, du 5 au 16 septembre 2011, y compris dans la ville de Dakhla au Sahara, où elle a tenu des entretiens avec les responsables de l’administration locale et plusieurs représentants des ONG de la région.



 


 


S.E.M. Ban Ki-moon


Secrétaire Général des Nations Unies


New York


De même, le « Groupe de travail chargé de la question de la discrimination à l’égard des femmes, dans la législation et dans la pratique », qui se rend, du 13 au 20 février 2012, en visite au Maroc, a été invité par les autorités marocaines à inclure le Sahara dans son programme. Néanmoins, la Présidente de ce Groupe a décliné cette proposition en raison de contraintes d’ordre logistique.



Enfin, une visite du « Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants », est prévue dans les semaines à venir. Elle concernera, notamment, la région du Sahara.





  1. Ces actions ont été entreprises dans le cadre du nouvel élan de réforme et de modernisation que connaît le Royaume, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. La nouvelle Constitution, véritable charte des droits fondamentaux, a élargi et constitutionalisé les droits humains, dans leur acception universelle, pour tous les citoyens marocains et sur l’ensemble du territoire. Elle a, également, consacré la diversité assumée du Royaume, forgée par la convergence de plusieurs composantes, y compris la dimension sahraouie et la culture hassani.



Monsieur le Secrétaire Général,



Si le Royaume a pleinement rempli ses engagements, les autres parties n’ont, malheureusement, entrepris aucune mesure sérieuse et crédible de nature à garantir le respect des droits de l’homme dans les camps de Tindouf, en Algérie, comme les y a appelées le Conseil de Sécurité.



Le constat de votre dernier rapport sur le Sahara, qui fait état « d’allégations de violations des droits de l’homme, en particulier du droit à la liberté d’expression et à la liberté de circulation » reste le même. La confusion totale et volontaire des responsabilités juridiques et morales dans ces camps expose les populations à des violations massives et quotidiennes de leurs droits fondamentaux.



De plus, et malgré les appels répétés de la communauté internationale, y compris le Conseil de Sécurité dans sa résolution 1979, l’Algérie et le polisario continuent à refuser au HCR la possibilité de procéder au recensement, à l’enregistrement et aux entretiens individuels des populations des camps de Tindouf, préalables indispensables à la protection humanitaire internationale.



Dans ce contexte, le Royaume du Maroc s’attend à ce que votre prochain rapport fasse état des résultats de vos démarches et de celles de Monsieur le Haut Commissaire des Nations Unies aux Réfugiés, afin d’amener le pays d’accueil, l’Algérie, à se conformer enfin à ses obligations internationales et permettre au HCR d’exercer son mandat.


 


Monsieur le Secrétaire Général,


A l’heure où le monde arabe, et plus particulièrement l’Afrique du Nord, traverse une période cruciale de son histoire contemporaine et connaît des bouleversements majeurs, les peuples de la région ne peuvent plus se satisfaire d’un statu quo synonyme de rivalités stériles et d’antagonismes inutiles.



Le temps est venu de trouver une solution politique définitive au différend régional sur le Sahara, conformément aux paramètres de la résolution 1979, qui accorde la prééminence à l’initiative marocaine d’autonomie et appelle à une solution mutuellement agréée basée sur le réalisme et l’esprit de compromis.


Dans cet esprit, le Royaume du Maroc réitère sa ferme détermination à continuer d’œuvrer, avec vous, et avec votre Envoyé Personnel, en faveur de la réussite de ce processus.


En vous priant de bien vouloir tenir compte de l’ensemble de ces éléments lors de l’élaboration de votre prochain rapport au Conseil de sécurité sur la question du Sahara en avril 2012, veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire général, l’expression de ma haute considération.










 

Maroc : Même les français ont participé à la campagne contre Benkirane

Il faut reconnaître que le malheureux Abdelilah Benkirane n’a pas eu facile avec le Makhzen. Au début, il a fait confiance au roi Mohammed VI. Il voyait un nouveau Maroc guidé en bonne foi par son souverain sur le voie de la raison, la démocratie et les droits de l’homme.


Il a découvert très vite que ses compétences et prérogatives étaient beaucoup plus que limités. Pire encore, les gens du palais se moquaient de lui et avaient organisé une véritable campagne de dénigrement.


Apparemment, même les français se sont invités à cette campagne. Selon Le Canard Enchaîné du 21 mars 2012, François Fillon a déclaré que Benkira est « un type intéressant, qui prend la mesure de son poste, après une première phase où il a appris à se rendre compte qu'il était Premier ministre".


« Toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant existé en France... », avait conclu le journal satirique français.

G5 Sahel: une force bien faible!

Un accouchement inquiétant, ou tout au moins très difficile. C’est le scénario qui se dessine pour la force du G5 Sahel dont la mission originelle est de lutter contre le terrorisme et toutes les formes de trafic dans la bande sahélo-saharienne. En effet, contrairement à ses sœurs aînées qui accomplissent déjà cette tâche avec plus ou moins de bonheur, la force du G5 Sahel, portée devant le Conseil de sécurité des Nations unies par la France au nom de ses pays membres, n’a pas reçu l’acceuil escompté. Les Etats-Unis et la Grande Bretagne ayant soigneusement et âprement lutté contre toute caution onusienne que lui donnerait une résolution. Un malheur n’arrivant jamais seul, ce bébé pourrait bien naître en l’absence d’un de ses cinq géniteurs, en l’occurrence le Tchad dont le président, Idriss Deby Itno, émet des réserves sur son opérationnalisation. Evoquant la conjoncture économique difficile que traverse son pays et exprimant ouvertement tout son dépit du fait de n’avoir bénéficié d’aucun soutien financier dans son engagement contre le terrorisme, l’homme fort de N’Djamena, prévient en tout cas ne pas être en mesure de déployer des troupes en même temps au titre de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma) et dans le cadre de la Force du G5 Sahel.  Difficile de lui donner tort sur ce plan, dans la mesure où les Tchadiens sont également sur d’autres théâtres d’opération comme la Centrafrique, sans oublier le Nigeria, dans la guerre contre Boko Haram.


Et la France dans tout ça? Emmanuel Macron dès sa prise de fonction comme président et chef des armées n’a pas caché sa détermination dans la traque aux djihadistes dans le Sahel. Sa première sortie hors de l’Europe fut même réservée aux éléments de la Force française Barkhane à Gao au Mali. Mais, le nouveau chef de guerre français n’en n’a pas moins exigé des armées africaines une plus grande implication dans la lutte. Sans annoncer un désengagement quelconque dans cette guerre contre les djihadistes qui écument le Sahel, agissant dans le nord malien en territoire conquis, les Français n’arrivent cependant pas à cacher une certaine lassitude sur le terrain. Preuve s’il en fallait encore, la déclaration sans équivoque du chef du Commandement des opérations spéciales (COS) lors de cette prise d’arme exceptionnelle à Paris, ce 27 juin, à l’occasion des 25 ans de ce corps qui a fait ses preuves dans les attaques terroristes de Bamako et de Ouagadougou et la formation d’unités anti-terroristes en Afrique. Le gradé français a été, on ne peut plus clair, en affirmant en substance que le COS ne s’éternise pas sur les terrains d’opération. Plus précis, il a signifié que le COS n’a pas vocation à rester au Mali, en tout cas «pas sous la forme actuelle».


Certes, les troupes françaises ont été très présentes sur le terrain africain de la lutte contre le terrorisme. Mais la France n’a pas pris les devants de cette guerre pour les beaux yeux des Africains. C’est dans cette logique que leur départ pourrait bien être davantage préjudiciable pour les intérêts français qu’ils ont pour mission de protéger, les menaces des «fous de Dieu» se faisant encore plus précises contre les cibles occidentales sur le continent. En témoignent la dernière attaque terroriste contre le campement de Kangaba au Mali et la foudre que menace de faire descendre le chef djihadiste Al-Sahraoui sur des communautés de ce pays, communautés qu’il accuse de collaborer avec la France. S’il faut reconnaître que les armées locales doivent être en mesure de défendre leurs frontières souveraines, il n’en demeure pas moins que la puissance de feu en face les dépasse souvent et que la logistique leur fait encore défaut. Sans infantiliser les armées locales, il faut le dire sans ambages, elle ont encore besoin du soutien des Occidentaux qui après tout, sont les cibles privilégiées des djihadistes.


Question: et si au lieu de multiplier les forces et de disperser la force, les Sahéliens et plus généralement les Africains s’appuyaient plutôt sur une grande force coiffée par l’Union africaine ou des institutions sous régionales comme l’Ecomog battant pavillon Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest? L’union fait la force, dit-on!


Wakat Séra